Les Crus Bourgeois du Médoc forment une famille de châteaux unie par des valeurs communes : la recherche constante de qualité, une viticulture responsable et des prix accessibles. Tous produisent des vins rouges, exprimant la diversité des terroirs médocains et la richesse des huit AOP concernées.
Adouci par l’Océan, tempéré par le voisinage de cette vraie mer intérieure qu’est l’estuaire girondin où des masses d’eau sont brassées au rythme des marées le climat médocain est modéré.
La moyenne des températures est suffisante pour assurer une bonne maturation des raisins, la répartition saisonnière des pluies avec prédominance des pluies automne et hiver et la sécheresse relative des étés conviennent à la vigne. Un seul mois bien ensoleillé ne suffit pas à donner un bon millésime et certaines années un octobre relativement chaud et sec vient à point pour achever la maturation.
Que d’aléas cependant dans cette culture, qui sont des effets néfastes sur la qualité des vins.
Les trop fortes chaleurs estivales si nuisibles favorisent l’épanouissement des esters qui font les vertus des vins du Medoc, les grandes gelées tardives, les pluies trop abondantes du printemps et de l’automne, qui, comme les étés pourris favorisent le développement des maladies cryptogamiques.
Les bons terroirs médocains sont des croupes de graves dominant légèrement par des versants doux, des terres basses frangeant l’estuaire ou occupant le fond des vallées. Sur un substratum de calcaires argiles et sables tertiaires se sont déposés du Pliocène final ou du Quaternaire récent.
L’origine présumée des matériaux qui les constituent, et sur leur degré d’altération est ainsi qu’ il distingue les graves pyrénéennes âge pliocène, largement étalées entre Gironde et Pyrénées, les graves fluviales du Quaternaire ancien et moyen déposées lors de périodes gunziennes et mindeliennes, les graves du Quaternaire récent enfin contemporaines des glaciations rissienne et wurmienne.
Lors de la période froide de la fin du Riss et de la fin du Wurm, la couverture de grave glissé par solifluction vers le bas des versants, créé un habillage des pentes qui donne un modelé adouci à la fin des temps wurmiens. Lors de stades climatiques froids et secs, les sables éoliens portés par les vents d’Ouest ont recouvert la bordure occidentale du domaine des graves et saupoudré celle-ci. Ni les graves pliocènes, ni les sables éoliens ont fourni de bons sols pour la vigne.
Tous les crus classés du Medoc se trouvent sur les graves gunziennes et mindeliennes surtout sur les premières, les sols qui en dérivent sont le plus souvent meubles et profonds. Meubles, ils ont une faible capacité de rétention ; profonds ils permettent un bon enracinement. Les sols médocains naturellement maigres ont été bouleversés par les labours drainés, enrichis en matières organiques et en engrais chimiques. Des scientifiques s’attachent à définir quels facteurs confèrent aux vins leur qualité, la nature et la structure de la grave, et la teneur en éléments assimilables que la vigne parfois atteint par un système radiculaire très profond.
Ces dernières considérations amènent à rechercher comment les hommes ont, au prix d’une longue expérience et de beaucoup d’obstination créé sur les graves du Medoc un grand vignoble de vin rouge universellement renommé.
Au XIIe siècle il y avait au nord de Bordeaux sur les terres bordant la Garonne et la Gironde beaucoup de landes de bois de prés et fort peu de vignes.
A la fin du deuxième tiers du XIIIe siècle des vignobles se développèrent autour de Bordeaux capitale du duché d’Aquitaine en amont de la ville ainsi que dans le Saint-Emilionnais, leurs vins bénéficiant entre autres privilèges de l’exemption de droits de douane, trouvaient des débouchés dans l’Europe du Nord. Mais la vigne médocaine restait encore dispersée en petites parcelles autour de quelques îlots de peuplement. La bourgeoisie bordelaise avec l’appui du roi d’Angleterre duc d’Aquitaine freina longtemps l’extension d’un vignoble qui, situé en aval de Bordeaux aurait pu porter préjudice à son négoce en échappant à son contrôle.
Cependant au cours du XVIe siècle le vignoble gagne du terrain dans la partie du Médoc proche de Bordeaux.
Naissent alors surtout sur les terres neuves des palus, des bourdieux, unités de culture où la vigne est en bonne place, elles sont la création de bourgeois et marchands de Bordeaux, de membres de la noblesse parlementaire, de laboureurs ; aussi elles sont gérées directement par le possesseur du sol grâce au système nouveau de bail métayage plus propre à favoriser les initiatives que celui de la seigneurie foncière traditionnelle.
En même temps comme Margaux, des seigneurs créent des domaines viticoles sur les graves au détriment des tenures paysannes à la différence de Jacques Bernard qui croit voir esquisser dès la seconde moitié du XVIe siècle une classification de vins fondée sur les terroirs et sur la qualité. Certains pensent que la notion de cru ne s’est affirmée que dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Dans la première décennie du siècle suivant, alors qu’on commence à mettre au point les méthodes de vieillissement, les grands crus médocains émergent, ils produisent des vins fins vendus haut-prix sur le marché de Londres et appréciés d’une haute société britannique élégante et raffinée.
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